« Rester positif quoi qu’il arrive »

19/09/2019

En pleine force de l’âge, Andreas Wicki (46) sent le sol se dérober sous ses pieds lorsqu’il apprend qu’il souffre d’un myélome multiple. Il nous raconte comment il vit avec cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête.


Photo : Andreas jouit de la vie malgré la maladie

« Mi-novembre 2018 : J’allais vider la litière de mon chat lorsque j’ai ressenti brusquement une douleur fulgurante dans le dos. Le premier diagnostic fut un lumbago. Mais, vers la fin novembre, alors que je conduisais un ami à l’aéroport, je me suis écroulé. C’est à quatre pattes quasiment que je suis retourné à ma voiture et avec grand peine que je suis rentré à la maison, d’où j’ai appelé les secours. Les ambulanciers ont mis deux heures et demi à me sortir du véhicule tant les douleurs étaient violentes.

Trois jours plus tard, on a découvert que je m’étais fracturé la colonne vertébrale thoracique et que ma formule sanguine était critique. Une ponction de la moelle osseuse a permis de poser le diagnostic début décembre : myélome multiple.

Le diagnostic
Le myélome multiple une maladie des cellules plasmatiques, qui se reproduisent alors de manière incontrôlée et forment des amas cellulaires dans la moelle osseuse bloquant la formation normale de cellules sanguines et détruisant les os. Il est malheureusement impossible de guérir le myélome multiple, les thérapies existantes ne permettant que de le freiner. Les médecins me donnaient trois ans à vivre. Mais je ne me laisse pas abattre et poursuis la lutte en restant positif.

Mes trois meilleurs amis étaient présents à l’annonce du diagnostic et m’ont soutenu moralement. Après le premier choc et la tristesse, la première question qui m’a traversé l’esprit fut : « Que puis-je faire, quels sont les moyens à disposition ? » J’essaie de rester positif et de penser toujours positif ! Cet état d’esprit m’a été bénéfique ces derniers temps, même face à de nouveaux coups durs : Après l’opération de la colonne vertébrale thoracique, mes vertèbres se sont mal ressoudées et j’ai dû être réopéré rapidement.

Transplantation autologue
Chaque patient réagit différemment au traitement du myélome, et ce en fonction de son état de santé général. Dans mon cas, on a procédé à une transplantation autologue de cellules souches du sang. Ainsi, il y a quelques semaines, on m’a prélevé des cellules souches du sang saines pour me les administrer au cours de deux cycles de chimiothérapie en août et décembre. Ces cellules devraient se multiplier et former de nouvelles cellules sanguines saines. Le premier cycle s’est bien déroulé et j’ai pu quitter l’hôpital au bout de 16 jours. J’étais très heureux de pouvoir rentrer aussi rapidement à la maison après cette période pénible.


Photo : Andreas pendant son premier cycle de chimiothérapie

Un don de tiers n’entre pas en ligne de compte pour moi actuellement car il est plus facile pour l’organisme d’intégrer ses propres cellules souches et les effets secondaires sont plus faibles. Cela pourrait être envisageable à l’avenir mais pas pour l’instant.

Par le passé, j’avais vaguement entendu parler du don de cellules souches du sang mais je n’avais jamais approfondi le sujet. Ce qui m’arrive aujourd’hui m’a fait prendre conscience de l’importance de la santé et comprendre qu’on ne pouvait jamais la considérer comme acquise. Ce qui me motive aujourd’hui est de sensibiliser un maximum de gens au thème et de les motiver à s’enregistrer comme donneuse ou donneur de cellules souches du sang  afin que les malades en attente d’une transplantation de cellules d’un donneur tiers aient un moyen de guérir. C’est pourquoi j’ai appelé tous mes amis et connaissances à se faire enregistrer.

Rester positif
Qu’est-ce qui m’aide en ce moment à gérer la situation ? Ce sont mes amis, mon vaste réseau, qui me soutiennent énormément. J’ai besoin de parler en toute sincérité de ma situation sans prendre de gants. De plus, je reste toujours positif et me refuse à me résigner. J’affronte la situation telle qu’elle se présente et je fais au mieux avec. Par exemple, je me répète que, malgré la maladie et la chimio, je vais bien. J’ai de la chance dans mon malheur. Je dois reconnaître que j’ai eu recours à un training mental, qui m’a bien aidé.

Mais il est bien clair que ma vie a changé du tout au tout en un instant. J’ai toujours été très actif et souvent en déplacement de par mon poste de chef des ventes. Aujourd’hui, je ne peux plus le faire à cause de ma fatigue chronique et des douleurs osseuses et je dois prendre des médicaments, comme du cannabis thérapeutique de synthèse (THC), dont j’use avec beaucoup de précautions.

Par ailleurs, on est confronté à des questions auxquelles on n’avait pas pensé auparavant, comme celle des enfants. J’ai donc décidé de faire congeler mon sperme avant de commencer la chimiothérapie pour me laisser toutes les portes ouvertes.

Temps pour réfléchir
Comme j’ai dû arrêter de travailler, je me suis demandé ce que j’allais faire de tout ce temps libre. J’ai alors eu l’idée d’écrire un livre. Un ami m’aide désormais à coucher mes idées et réflexions sur le papier. Il s’agit pour moi de raconter en toute franchise, sans faux-semblant, comment je gère cette situation. Mon but est de transmettre du positif aux gens qui se trouvent dans une situation semblable.

Je suis d’avis que chacun doit trouver sa voie, celle qui l’aide à être fort et à considérer l’avenir de manière positive. Il est essentiel de garder un mental d’acier pour combattre la maladie et positiver au quotidien !

Pour moi la seule solution est de lutter et résister !

Andreas parle ouvertement de sa situation et se tient à votre disposition pour toute question sur son compte Instagram www.instagram.com/andreaswicki.

 

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